Exposition

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Du 3 mars / 14 avril 2007

«  Portraits d'Afrique et d'Armor »

Malick Sidibé


© Malick Sidibé

L'Imagerie-Lannion accueille du 3 mars au 14 avril 2007  ,les « Portraits d'Afrique et d'Armor » de Malick Sidibé, en collaboration avec l'association « GwinZegal ». Ces « portraits croisés  Bamako-Bretagne » regroupent une sélection inédite de photographies réalisées dans le studio africain de l'artiste lors de ces quatre dernières décennies ainsi qu'un ensemble de prises de vues effectuées lors de sa résidence de l'été 2006 dans les Côtes d'Armor.

Exposition

Invité en juillet 2006 par l’association « GwinZegal » à venir « tenir studio » sur la Communauté de Communes de Lanvollon-Plouha en Côtes D’Armor, le photographe  malien Malick Sidibé a réalisé au cours de son séjour plus de trois cent portraits. Produit sur les communes de Plouha, Le Faouët et Pommerit le Vicomte, cet ensemble fonctionne comme un portrait sensible de la communauté de tous ceux et celles - résidents, touristes, saisonniers…- qui ont partagé ce territoire l’espace de ces trois semaines.


© Malick Sidibé

L’ancien combattant, le pompier, la boulangère, le retraité, l’animateur du bal du 14 juillet, le baigneur, le banquier, la comédienne, la postière…sont photographiés en studio dans un décor et une lumière identiques. Tous sont placés le temps de la prise de vue, dans la « neutralité » du lieu de l'enregistrement. Chaque modèle se retrouve alors hors de son environnement quotidien dans un jeu de miroir avec le photographe et la question de la représentation.

Parfois la fonction, le statut social prennent le dessus aidés en cela par la « parure » vestimentaire. Mais le plus souvent, au- delà de ce que donne à appréhender de notre époque et de ce territoire cette « communauté » rendue visible par le travail du photographe, s’invite le temps de la pose la part de singularité propre à chacun des sujets photographiés. Là se tient le talent de Malick Sidibé.

Comme dans son studio de Bamako les films ont été développés en fin de journée pour être ensuite exposés le lendemain matin sous forme de planches- contact à l’entrée du studio et enrichir au jour le jour la galerie des portraits.

Le travail réalisé par Malick Sidibé en Bretagne s’inscrit dans la continuité d’une longue et riche œuvre de portraitiste entamée en 1962 et couronnée en 2003 par le prestigieux Prix Hasselblad.

Pour donner à voir cette continuité dans le travail du photographe, l’exposition, réalisée par Gwin Zegal et co-produite par  l’Imagerie - Lannion et le Pôle Image Haute-Normandie, propose une sélection inédite de portraits réalisés par Malik Sidibé à Bamako qui rentre en résonance avec son travail réalisé en Bretagne. Ce choix ,opéré conjointement par Malik Sidibé et Jérôme Sother dans le fonds d’archives du photographe à Bamako,  n’a jamais fait l’objet d’une exposition.


© Malick Sidibé

Biographie

Malik Sidibé est né en 1935 à Soloba (Mali). En 1955, après des études à l’école des Artisans Soudanais il rejoint le studio de Gérard Guillat. A la recherche d’un dessinateur, ce dernier, surnommé « Gégé  la pellicule », fait appel à lui pour décorer la devanture de son studio de photos. Son travail terminé, son nouveau patron lui demande d’être son premier employé. C’est ainsi que démarra la carrière de photographe de Malick Sidibé. Ses premières photos datent de 1955 et 1956.

En 1958 il ouvre le « Studio Malick » au cœur du quartier populaire de Bagadagji à Bamako. Malick Sidibé est de toutes les cérémonies (baptêmes, mariages, célébrations, réussites au bac) comme des   bals et soirées qui se poursuivent le dimanche au bord du fleuve Niger. C’est la période où la jeunesse malienne organisée en clubs se fait concurrence dans les nombreuses surprise-parties et découvre la musique occidentale, le twist, le cha-cha.

« il y avait à cette époque deux types de danseurs : les zazous, aisés, souvent de familles de fonctionnaires, qui commandaient leurs costumes à Saint-Germain des Prés et les Yéyés, moins riches, sans protocole, qui dansaient dans les bals populaires - on disait les bals poussières - avec les enfants au milieu. J’ai eu le privilège de photographier des gens en mouvement, qui ne faisaient pas attention à moi. Je n’ai jamais dansé, mais ces jeunes respiraient la vie et me faisaient oublier mes soucis. »

L’ampleur et la qualité de ses nombreux reportages sur ces soirées vont renforcer la notorièté de son studio qui devient avec celui de Seydou Keita son aîné et ami décédé en 2001 le plus important de Bamako.

« Seydou c’était la grande classe des fonctionnaires, avec des hommes richement habillés qui couvraient leur dame de chaines en or. Moi c’était la classe moyenne ; on pouvait même poser avec un mouton. Sans doute retient-on mes portraits parce qu'ils respirent la jeunesse, la joie et la gaieté. Dans mon pays, le portrait incarne la tradition photographique. Il retrace aussi notre histoire, notre peuple, à travers des visages, coiffures, vêtements, objets, tresses chaussures... Les clients veulent montrer leur visage et ce qu’ils  possèdent. Ils répètent leur pose devant leur miroir. Certains mettent du talc pour éviter de transpirer. D’autres s’aspergent de parfum pour accentuer une atmosphère ; ça ne sent pas, une photo , quoique… » On sent dans ces portraits toute l’empathie du photographe avec ces modèles et toute l’importance documentaire de ce travail pour l’histoire contemporaine du Mali.

C’est seulement à partir de 1994 avec les Rencontres Africaines  de la Photographie de Bamako, que Malick Sidibé connaît la reconnaissance d’un public plus large soulignée par de nombreuses expositions à travers le monde (USA, Angleterre, Australie, Fondation Cartier France...).
Plusieurs ouvrages lui sont consacrés (Ed. Scalo en Suisse, Steidl en Allemagne, Filigranes en France).

Rencontre avec l'auteur le samedi 3 mars à 18h.


Co-production Imagerie-Lannion et  Pôle-Image Haute- Normandie.
réalisation  « GwinZegal », commissaire Jérôme Sother,

Entrée libre

 avec le soutien de la Ville de Lannion, du Conseil Général des Côtes d'Armor, du Conseil Régional de Bretagne et du Ministère de la Culture et de la Communication - DRAC Bretagne.


De 15h à 18h30 sauf dimanche et mardi – Entrée libre - Rens : 02 96 46 57 25

L'Imagerie, 19 rue Jean Savidan, 22300 Lannion
Tfax 02 96 46 57 25
l-imagerie@wanadoo.fr


 
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