Exposition

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Du 28 avril au 16 juin 2007

« SENSO »

MORGANE TSCHIEMBER


© Morgane Tschiember
Phono - 200x200 cm


 Issue de plusieurs années d’expérimentations sur l’image autant que de méditations plastiques sur la (re)présentation ou la (dé-con)figuration des choses et des êtres, l’exposition de ces œuvres plus ou moins récentes est appelée à faire date dans la jeune carrière de l’artiste.

En effet, la diversité des supports et des motifs visuels ici rassemblés pour la première fois, ainsi que l’hétérogénéité des dispositifs de présentation, de simulation ou de projection, ne feront pas seulement illusion. Cette polymorphie devrait découvrir par endroits le fil d’Ariane que, voici près d’une dizaine d’années, Morgane Tschiember s’est évertuée autant qu’ingéniée à tirer dans sa quête d’une issue hors de la culture . Hors de son atelier où s’accumulent les fruits plus ou moins aboutis de ses recherches compulsives, ce fil l’a conduit à exposer dans des boucheries par exemple  ; à bonne distance des lieux d’exposition conventionnels dispersés aux quatre coins de l’Europe où elle n’aura pu jusqu’ici qu’échantillonner ou « faufiler » la profonde unité d’inspiration de son travail, elle aura par ailleurs expérimenté de nouveaux modes d’exposition en investissant par exemple des panneaux publicitaires en plein Paris .

Or, pourvu qu’on leur concède l’unité de lieu d’une exposition monographique, que révèlent aujourd’hui ces expérimentations ? D’abord que « si de deux choses l’une » - comme on a coutume de dire, alors pour Morgane Tschiember : « de l’une, toujours deux choses au moins » …  sinon plus. Ensuite, que jamais son travail ne se place sous l’égide d’Ariane sans invoquer aussi Pénélope ; et réciproquement. Ou si l’on préfère, Ithaque et Naxos ne forment à ses yeux qu’une seule et même île ; île où, dans un même labyrinthe, se coudoieraient sans autre forme de procès, et l’adieu et les retrouvailles, et l’hostilité et l’hospitalité, et l’identité et l’altérité, et la forme et l’informe…


© Morgane Tschiember
Blason

Et c’est ainsi que jamais ces œuvres ne placent sous les yeux du spectateur des sujets ou des motifs plus ou moins familiers qui ne semblent, après coup, résolument lui tourner le dos quand en revanche, leurs images fixes ou en mouvement - feintes ou peintes ? - semblent le regarder droit dans les yeux.

Qu’est-ce qu’un motif vu de dos ou inversement, qu’est-ce donc qu’une image vue de face ? C’est à cette question que tente de répondre presque toutes les œuvres de Morgane Tschiember. Notons bien entendu que ses images ne restituent, ni des êtres représentés de dos ni des choses reproduites à l’envers. Alors de qui et de quoi donc ces images ? De tout et  de rien. Raison pour laquelle précisément, ça peut être des images de n’importe quoi, puisqu’aux yeux de Morgane Tschiember, tout phénomène visuel est par définition photo- ou vidéogénique.

C’est ainsi par exemple qu’elle a su percevoir dans l’infinie disponibilité d’un objet de consommation courante, le microcosme d’une improbable myriade de voies lactées ; autrement dit, le moindre phénomène visuel ou sensuel est ici à l’échelle de la totalité des sens et du sens ; de sorte qu’il n’y a jamais dans son travail, entre telles et telles choses visibles ou invisibles, modestes ou magnifiques, qu’une différence de degré et non pas de nature.


© Morgane Tschiember
Substance 125x124cm

Alternativement et respectivement évanescentes et acidulées, naturelles ou frelatées, protubérantes ou détumescentes, carnassières et végétatives, fatales ou banales, humoristiques ou sinistres, etc., les formes et les couleurs de Morgane Tschiember relèvent d’une sensualité diffuse mais ténue, dont l’équivocité tient sans doute au fait suivant : chacun des champs perceptifs des quatre sens y  semblent empiéter les uns sur les autres en général et sur celui de la vue en particulier ; de sorte qu’en effet le spectateur, ou sent ou touche, ou goûte ou entend, là même où il ne croyait (devoir) voir… que des œuvres dites d’art parmi tant d’autres.

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Née en 1976, Morgane Tschiember vit et travaille à Paris.
 
Diplômée de l'Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris, elle a été lauréate du Prix Jeune Artiste de la Fondation Paul Ricard.

Le Musée des Beaux-Arts de Brest (exposition Alain Robbe-Grillet),  le Lieu Unique  de Nantes (exposition Zones arides), la FIAC (galerie Martine et Thibault de la Châtre), la galerie Catherine Bastide de Bruxelles...ont accueilli ses oeuvres.

A venir : expositions à la Biennale de l'Estuaire (Saint-Nazaire/ Nantes) avec Anish Kapoor, Pierrick Sorin, Ange Leccia...) ; au Musée d'Art Contemporain de Tucson en Arizona ; à la galerie Martine et Thibault de la Châtre (Paris)...

Entrée libre

 avec le soutien de la Ville de Lannion, du Conseil Général des Côtes d'Armor, du Conseil Régional de Bretagne et du Ministère de la Culture et de la Communication - DRAC Bretagne.


De 15h à 18h30 sauf dimanche, mardi et jours fériés – Entrée libre - Rens : 02 96 46 57 25

L'Imagerie, 19 rue Jean Savidan, 22300 Lannion
Tfax 02 96 46 57 25
l-imagerie@wanadoo.fr


 
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