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Du 28 juin au 27 septembre 2008

Delphine Balley- « Histoires vraies  »

Delphine Balley
© Delphine Balley (Le Réverbère)

« Durant la première phase de préparation, j’ai pris en note de nombreux faits divers rédigés sous forme de brèves, voire d’aphorismes. Félix Fénéon, chroniqueur au Matin, a été une source privilégiée, ainsi que le travail du poète américain Reznilkof. Toutes les histoires sélectionnées sont tirées de faits avérés mais réduits à l’essentiel.

 Après avoir fait le tri d’histoires vraies, et sélectionné les plus évocatrices à mon goût, j’ai dressé une liste de gens qui allaient me servir de comédiens : des inconnus croisés ici et là, des connaissances, des amis. Des gueules qui seraient la seconde matière première de ce travail de reconstitution de faits divers.

A partir du moment où j’ai eu les textes -réécrits pour les rendre toujours plus compacts-  et un certain nombre d’acteurs d’accord avec le fait  de poser en assassins ou en maniaques, la troisième étape a été de repérer des lieux où auraient pu se commettre les histoires. Parfois il m'a semblé intéressant de conserver le sujet dans son intérieur, en accentuant certains détails. D’autres fois il était nécessaire de le sortir de son décor intime et de le remettre en scène ailleurs. Le travail sur la lumière a été particulièrement long et fastidieux, afin de faire coïncider l’atmosphère à ce que j’imaginais. Ma mère et Emmaüs ont été mes accessoiristes privilégiés!

Delphine Balley
© Delphine Balley (Le Réverbère)

Si cette série ne s’intitule pas Faits divers mais Histoires vraies, c’est que je n’ai pas essayé de reconstituer le fait divers en lui-même, dans sa dimension spectaculaire. Au contraire, j’ai voulu ajouter à ces courts textes une image qui servirait d’indice, voire de preuve pour que les spectateurs puissent mener leur propre enquête. Les instants proposés ne représentent donc pas l’acmé de l’action, mais un avant ou un après de cette action. On ne voit jamais le crime se commettre, mais le crime est présent quelque part, en amont ou en aval de l’image.

Certaines photographies font nettement penser à des reconstitutions policières, avec des acteurs jouant le rôle des victimes. D’autres semblent au contraire tirées d’albums de famille, en tout cas réalisées avant le crime et comme plus tard ajoutées au dossier. Enfin certains clichés pourraient avoir pour origine le criminel lui-même, posant pour la postérité, le crime une fois commis – je pense notamment à la photographie de la Veuve noire.

Tous ces clichés proposent une nouvelle dimension à l’histoire. Le texte et l’image se complètent pour permettre au spectateur de compléter le drame. »
Delphine Balley

Après des études à  l’École Nationale de la Photographie en Arles,  Delphine Balley revient à Lyon en 1999 et  commence   une série de photos sur  la maison familiale (exposition à la galerie 9bis à Saint-Etienne). Suivront des « portraits de famille » avec ses parents pour modèles (expositions Frac Champagne-Ardennes « Jeunisme », Centre de la Photographie de Lectoure , Atelier de Visu de Marseille, Le Réverbère de Lyon..)...
L'exposition « Histoires vraies » en 2006 sera exposée au « Septembre de la Photographie » de Lyon (Portfolio dans le Monde 2). La dernière série (« 11, Henrietta Street », un drame familial inventé) a été présentée au Réverbère (Lyon) à la Galerie Leme (Sao Paulo)  Résidences au musée d’Art Moderne de Dublin, à Montréal (avec Cultures France) ...  Elle est représentée par la galerie Le Réverbère (Lyon).

 

De 10h à 12h et de 15h à 18h30 sauf dimanche et férié.

Entrée libre

 


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