FEELING MONTREAL :  Chroniques photographiques de mars 2007 à février 2008

 

Montréal la québécoise, la nord Américaine, partagée entre culture francophone et anglophone.
Montréal la cosmopolite, à l’identité plurielle, brassant les populations issues des vagues d’immigration.
Montréal la généreuse, festive et culturelle, aux paysages souvent contrastés par le passage fulgurant des saisons.

Tout au long des 11 mois passés à déambuler, cette ville a exercé sur moi une fascination. Au feeling, mon regard s’est posé sur des détails. Ces derniers m’ont permis de construire des petits tableaux photographiques pour les chroniques.
Dans ma démarche de terrain, j’ai voulu éviter le foisonnement d’images tout azimut. Pour cela, je partais avec quelques idées directrices en tête : l’horizon, la trace, la bordure… Cette approche donne naissance ici à ce que j’appelle des micros sujets.
Dans mon travail de composition, je souhaite transmettre l’énergie électrique de la Montréal éclectique.

Communautés
Au cours des premiers mois de chroniqueur photographe, fatigué du brassage de la rue et intéressé par la diversité des cultures, j’ai cherché la rencontre humaine. Grâce à quelques personnes-ressource de communautés différentes, des intérieurs privés se sont ouverts.
J’ai ainsi tissé peu à peu une toile de visages colorés.
 
Couleurs et nuit
Je porte un regard en couleur sur la ville. Il est vert quand je saisis la présence si appréciée des parcs. Il se teinte de rouge lorsque la brique accroche mon œil. Il devient gris du béton craquelé, de la « sloche », la neige fondue. Il est encore le bleu éclatant du ciel, la blancheur des poudres de neige…
J’aime circuler dans les quartiers Montréalais à la nuit tombée. J’aime les ambiances colorées de la nuit. J’aime flirter avec ce presque rien de lumière sur fond noir qui me rapproche avec plus d’évidence d’une photographie en noir et blanc.

Passages
La ville s’organise autour de passages humains multiples que j’ai voulu traduire photographiquement.
Je parle ici d’errance urbaine, de ma propre déambulation nocturne et diurne à travers les quartiers, les avenues, les ruelles, les parcs. Dans ce monde où l’humanité circule sans cesse, le mouvement est codifié et orchestré par le rythme de la vie quotidienne.
Parfois, dans cette marche solitaire, emporté par la vitesse de la ville, j’ai éprouvé le besoin de m’arrêter. Il s’agissait pour moi de temporiser, d’accueillir l’autre pour le photographier. Je me suis alors installé, au croisement des cultures, sur un passage à niveau emprunté par tous les habitants d’un quartier.

                                                                                                                                                                                                                                                                                                   Thierry Lafontaine

contact : thierry.lafontaine@yahoo.fr

 

 


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