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Du 27 juin au 3 octobre 2009

        Floriane de Lassée  /  Inside Views

 

Floriane de Lassée
© Floriane de Lassée

« Dans la haute insomnie de la mégapole, éclaboussée de lumières imprenables comme autant d’îlots de solitude, un cœur bat, fragile, humain.

Seule à son balcon, une fine silhouette, plaquée contre la toile des gratte-ciels.
En suspend au-dessus de la ville, une femme prise dans une cage de verre. Solitaire encore, une autre figure blottie dans l’intimité de sa chambre… Il y a quelque chose d’inaccessible dans leur rêverie silencieuse. Comme si la nuit les rendait à elles-mêmes.

« Inside Views » sont autant de fenêtres ouvertes. Sur le dehors. Sur la nuit, l’autre nuit, n’importe quelle nuit, comme si aucun jour n’était à venir. Sur la ville vorace, tentaculaire, inhumaine, c’est-à-dire sans limites, infinie. Sur le dedans aussi, l’intérieur, le songe, sur soi-même, sur le silence de la solitude, comme une calme souffrance.

« Dans le jour, on ne voit rien, les couleurs s’estompent, les gens s’absentent. Ils sont happés à l’extérieur de chez eux et d’eux-mêmes. Alors, j’attends la nuit, ses couleurs, son intensité, ses vibrations, son silence, ses feux. J’attends l’intimité de la nuit ».

Floriane n’en finit pas de regarder tomber la nuit sur les grandes cités du monde. Depuis 2004, de New York à Shanghai, avec la même attention, le même soin, dans des mises en scène savamment orchestrées, elle capture la ville d’en haut.

© Floriane de Lassée
© Floriane de Lassée

«Chaque prise de vue est une mise en scène qui nécessite des journées entières de préparation… Rien n’est laissé au hasard. Sauf le hasard lui-même, c’est-à-dire, tout ce qui échappe à mon contrôle : c’est la pluie qui se met à tomber, une fenêtre qui soudain s’éclaire ou s’éteint, un passant imprévu, les feux d’une voiture, le faisceau d’un lampadaire… À chaque fois, il me faut gérer cette part d’imprévu, « l’erreur » qui risque de perturber mes plans et, par chance, enrichir l’image. Je ne sais jamais de façon certaine ce que j’ai photographié avant de développer le négatif, parfois même, avant de faire des grands tirages…» 

Chaque image est un diptyque naturel, sans artifices ni retouches, qui juxtapose un premier plan calme, intime, apollinien, où l’on perçoit un être isolé, « tel qu’en lui-même enfin », et un second plan, celui de la ville fourmillante, dionysiaque, irradiée par des ocelles de lumière qui éparpillent l’obscurité. La tension émane de la coexistence, en un seul et même paysage, des contraires :  intérieur et extérieur, clarté et obscurité, solitude et nombre, aplat et relief, vide et plein, immobilité et mouvement, silence et bruit, identité et anonymat. 

« Peu importe qu’il s’agisse de Paris, New York, Moscou ou Istanbul. Je ne photographie pas des villes, mais La ville, une sorte de ville imaginaire qui habite chaque mégapole. La ville est le produit de la démesure de l’homme, de son génie, de sa folie. Elle l’excède, le déborde. Elle est sur le point de le dévorer ».

Virginie Luc

Floriane de Lassée (1977) vit à Paris. Après une maîtrise en Arts Graphiques (ESAG, Paris), elle suit les cours de l'International Center of Photography de New York (ICP).
Lauréate du Prix « Nazraeli Press » (2007, Etats-Unis), elle publie « Inside views » chez cet éditeur en 2008. Expositions à la galerie Philippe Chaume (Paris), « Chambre à Part (Strasbourg), « Paris Beijing Photo Gallery » Pékin, Voies Off Arles... Elle est représentée par la galerie Philippe Chaume (www.galeriephilippechaume.com)

© Floriane de Lassée
© Floriane de Lassée

Chapelle des Paulines, rue des Ursulines , 22220 Tréguier

Du 4 juillet au 19 août 2009
De 14h30 à 18h30 sauf lundi. Entrée libre.

Entrée libre

 
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