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Du 7 mars au 18 avril 2009 :

« Mues »

© © Wanda Skonieczny
© Wanda Skonieczny

  Formée à l’Université des Arts plastiques de Strasbourg,   Wanda Skonieczny qui vient du Vaucluse vient d'installer son atelier en Bretagne.
Artiste plasticienne, elle s'interroge sur la fragilité des relations et sur celle des  corps et utilise fréquemment  des impressions pigmentaires sur tissus démesurés courant sur murs et sols.  
Nombreuses expositions: galerie de Visu (Marseille), Hôtel des Arts de Toulon, Artothèque de Marseille, Photofolio Gallery RIP Arles, Galerie La Chambre (Strasbourg)...

« Face à l’objectif de Wanda S., je fus fœtus, je fus fillette et femme, je fus garçon et fille, vieillard aussi peut-être.
Je fus cercueil, je fus linceul, je fus vie, mort et renaissance.
Bien des fois je fus mariée. Souvent perdue et esseulée. Mais jamais je ne fus blessée.

Je fus sculptée, tissée, emmaillottée, voire emballée. Avec délicatesse, pudeur et douceur.
Souvent aussi je fus bordée.
Fillette à l’orée du sommeil ou de la mort.

Entre voilures et dentelles, satin et tissu molletonné, je fus découverte en nudité.
Recouverte par ma peau de chrysalide.

Sous la transparence du voile de mariée, moi, l’immobile couchée, je me souviens de ses yeux noirs plissés, de ses sourcils froncés, de sa respiration hachée, souvent arrêtée et bloquée.
Chaque cliché semblait un enfantement.
Il y avait l’apnée de l’avant, l’épuisement de l’après.
Chaque cliché était un acte entier, définitif.

Tout son être semblait chercher quelque chose. LA chose. Indiscible et secrète. Traversant le temps et l’espace, le passé et l’avenir, LA chose. Ce qui devait émerger, au-delà des frontières, au-delà du masculin, du féminin, de l’enfance et de la vieillesse. LA chose. Une ambiguïté délicate et cosmique.
La chose.
Pure et absolue.

Vitale.

Un secret qui ne serait ni beau ni laid. Un secret sans concession, qu’elle seule cherchait à travers ses yeux brillants.

Je me souviens de son sourire sans mots, un peu crispé, quand elle approchait du secret...
Parfois, un murmure émergeait, à peine audible, comme un effleurement sur ma peau voilée : “Bouge pas... C’est beau, Juliette...”
A moi alors d’être en apnée, attendant le déclic qui me ferait naître, ou mourir...

A Wanda S., peintre, sculpteur, brodeuse, bâtisseuse, fileuse, tisseuse, photographe aussi peut-être... magicienne sans doute... humaine évidemment... à celle qui me fit vivre cette expérience unique, ce partage transparent, je dis merci. »
        
Juliette HEYMANN

© Wanda Skonieczny
© Wanda Skonieczny

 

 

Exposition du 7 mars au 18 avril 2009
 de 15h à 18h30 du mardi au samedi .
le jeudi, ouvert de 10h à 12h et de 15h à 18h30

 

Entrée libre



 


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