Du 16 octobre au 27 novembre 2010

« Conversations  entre œuvres »

 

Œuvres historiques majeures et pièces contemporaines dans la collection photographique de Bernard Lamarche-Vadel.

© Heinrich-Kühn,1906, coll-BLM
© Heinrich-Kühn,1906, coll-BLM

« Toute collection constituée par un seul et même individu, sur une certaine durée, laisse apparaître ses déterminations. La surreprésentation d’un artiste par le nombre de ses images ou la présence d’un élément hétérogène ne crée pas de dissonance ou d’écart.
Dans la collection de Bernard Lamarche-Vadel, marquée par des photographes contemporains des années 1980-1990, la photographie ancienne ou antérieure à cette période, ne représente rien numériquement au regard des 1700 numéros (doublons compris). Le collectionneur n’a pas spécialement motivé ce petit ensemble. Pourtant, un peu à la manière d’un encyclopédiste, il a assemblé systématiquement autour de grandes catégories historiques : le paysage américain ; le portrait (le portrait mortuaire) ; la photographie documentaire, commerciale, de mode ; les expérimentations pictorialistes ; l’architecture ; la photographie d’amateurs, etc.
Autour de ces quelques oeuvres historiques et, pas les moindres, Watkins, Abbott, Evans, Stieglitz, Hatlakova, Kühn, Umbo, Carjat, Man Ray, Nadar, Neurdein, gravite ainsi un vaste ensemble contemporain dans lequel nous sommes allés puiser pour opérer une sélection « idéale ». 
Au-delà des différences de format, de couleur, de cadre, de cadrage, nul écart entre ces morceaux choisis ou s’il y en a un, il est purement chronologique. Car, en les rapprochant les uns des autres, sur chaque cimaise, nous avons mis en évidence les relations, des conversations possibles.
Conversations entre œuvres pose un principe simple émis par l’historien Daniel Arasse. Face aux œuvres, nous sommes systématiquement en situation de contemporanéité anachronique, en décalage. Même une œuvre de Thomas Ruff datée de 1986 n’est déjà plus perçue dans le temps de sa production !
Carleton Watkins converse ainsi avec Hamish Fulton et Lewis Baltz ; Jaroslava Hatlakova avec John Coplans ; Umbo avec Alice Springs et Florence Henri ; Heinrich Kühn le pictorialiste avec Paul-Armand Gette ; Thomas Ruff avec Man Ray, Etienne Carjat et Etienne Neurdein (photographes du 19è) ; Berenice Abbott et Walker Evans avec William Klein et Lee Friedlander ; Félix Nadar avec Yves Trémorin, Sophie Calle, Keiichi Tahara, Jérôme Schlomoff, Willy Ronis, Weegee et Florence Chevallier sur une thématique fédératrice.
Seul The Steerage d’Alfred Stieglitz, placé dans la proximité des autres œuvres, arrive en décrochement. Pièce rare et pièce-phare de l’Histoire de la photographie. Mais des conversations jugées peut-être plus dignes de cette Histoire-là peuvent avoir lieu : Coplans admirait Watkins, Kühn a travaillé avec Stieglitz, la photographie allemande d’un Ruff est liée aux images des années 30, etc. Mentalement, toutes les conversations sont possibles, les cimaises peuvent être perturbées et les catégories traditionnelles d’exposition rétablies. Chacun y fera la conversation qu’il voudra.Quelque part plus loin, au sein d’un espace de projection, le corpus constitué par BLV est donné dans sa totalité virtuelle. »                                                           

Sonia Floriant, sémiologue associée au Musée Nicéphore Niépce


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