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Du 30 juin au 29 septembre 2012

Dominique Delpoux

34ème Estivales Photographiques du Trégor : Lannion / Tréguier / Pleumeur-Bodou

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© Dominique Delpoux - Sobreiro
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© Dominique Delpoux - Sobreiro

« On sait, dès le premier regard, que le travail photographique de Dominique Delpoux est basé sur des décisions, des prises de position strictes et qu’il a fait des choix précis qui le situent clairement dans un des territoires de la pratique contemporaine : le style documentaire.
Cette notion, longtemps méprisée par les tenants des "Beaux Arts" ou, plus récemment, de la "Photographie Plasticienne", a retrouvé récemment sa place à la fois dans le champ de la photographie et dans celui des arts visuels grâce, entre autres, aux études et expositions consacrées à l’Allemand August Sander. Il ne s’agit évidemment pas ici de comparer le travail de Dominique Delpoux à celui d’un artiste des années trente qui poursuivait le rêve impossible de résumer la société dans laquelle il vivait par une série de portraits qui synthétiseraient, avec une troublante prétention à l’objectivité ou à la science, les strates et les figures déterminantes du monde qui l’environnaient. Mais ce choix du "style documentaire" et les implications qui en découlent permettent de situer le travail de façon plus précise dans le champ de la production contemporaine.

La première caractéristique de l’approche est, évidemment, son attachement à traiter de questions sociales. Elle interroge le monde d’aujourd’hui, en se démarquant du reportage, de l’anecdote, du récit, de tout "instant décisif" et en mettant en place des dispositifs contraignants qui seront productifs de photographies exigeant de la part de celui qui regarde une réflexion allant au-delà de la seule contemplation - ou consommation - de l’image. C’est donc tout naturellement (autre caractéristique du style documentaire) que le travail s’organise par séries qui, à chaque fois, traitent du quotidien, voire du banal, mais le mettent en crise et nous demandent d’être attentif à tout ce qui n’est pas spectaculaire dans notre société mais en fonde les fonctionnements.

Comme il a décidé d’interroger les fondamentaux - et les limites - de la photographie, Dominique Delpoux s’est attaqué à l’une des plus troublantes et des plus méconnues - ou non analysées - composantes de l’image, celle du temps. Il n’existe actuellement aucune étude sérieuse sur ce qui différencie le temps de notre réel - celui de notre expérience du monde - de cet étrange temps de la photographie, prise en quelques centièmes de secondes et versée à une forme d’éternité dont les rythmes de pertinence seront toujours différents en fonction de la pratique de l’opérateur et de ses intentions. Ce qui l’a amené à produire des diptyques, à concevoir une approche binaire des personnages dont il décidait de questionner la situation ou le vécu.

Certaines séries de ces diptyques qui, a priori, pourraient sembler anecdotiques, sont étonnamment productrices de sens. Je pense entre autres aux personnages "avant/après" chez le coiffeur, aux ouvriers à leur arrivée au travail et lorsqu’ils terminent leur journée de labeur, ou aux maires qui avouent leurs passions cachées. Ce n’est que par le pur travail photographique que Dominique Delpoux évacue, annule, l’anecdote et nous oblige à la réflexion. Et c’est là qu’apparaît, de la façon la plus pertinente et évidente, l’efficacité d’un dispositif, réduit à sa plus rigoureuse exigence, qui gomme le spectaculaire pour nous amener à l’essentiel d’une réflexion sur la notion même de portrait ».

Christian Caujolle

catalogue du Château d’Eau (extraits)

Dominique Delpoux (1962) vit et travaille dans le Tarn. Depuis près de vingt ans, il mène une recherche sur la notion d’identité à travers le portrait en photographie, au fil de commandes institutionnelles et de travaux personnels. Lauréat du prix Kodak de la critique photographique, il expose aux Rencontres d’Arles, au Mois de la Photo de Paris, à la Galerie du Château d’Eau de Toulouse... Ses œuvres figurent dans les acquisitions du Fonds National d’Art Contemporain, de la Bibliothèque Nationale de France, de la Galerie du Château d’Eau de Toulouse, d’artothèques...


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