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Du 30 juin au 29 septembre 2012

Jean-Manuel Simoes

34ème Estivales Photographiques du Trégor : Lannion / Tréguier / Pleumeur-Bodou

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© Jean-Manuel Simoes
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© Jean-Manuel Simoes

“ 36,4 km... C’est précisément la longueur du périphérique parisien, célèbre boulevard circulaire qui en 2005 souffla ses trente bougies, et qui pour les urbanistes est une authentique success-story. C’est la route la plus fréquentée d’Europe au kilomètre carré, avec un passage moyen supérieur à un million de véhicules par jour. Si fréquenté et si connu que l’on finit par ne plus le voir à force de l’avoir toujours sous les yeux. Au cours de l’hiver 2003, un homme y est mort de froid. Un homme est mort de froid alors que plus d’un million d’automobilistes sont passés à côté de lui. Il était l’un de ces nombreux "exclus" qui y élisent domicile. Pour les associations, ils seraient près d’un millier ! Un millier de personnes avec pour compagnie ce million de véhicules.

En 2002 en devenant papa, j’ai decidé de ne plus m’absorber dans des reportages lointains pour me consacrer à cette nouvelle vie. J’ai donc commencé à regarder le monde près de chez moi, à Paris, et j’y ai vu une misère que, pendant des années, j’étais allé photographier ailleurs. Dès ce moment, j’ai arpenté le périphérique, territoire qui m’apparaissait comme contrasté, vierge et sinistre, à la découverte de ces vies faites de drames humains. J’ignore combien de personnes y vivent tant les hébergements sont précaires et éphémères mais à force d’y aller, j’ai découvert un autre monde. Le périphérique n’est pas une route comme les autres car en le traçant, les urbanistes ont dressé une véritable frontière. Frontière géographique tout autant que frontière sociale. Il y a le " In " et le " Out" et la rupture entre la capitale et sa banlieue n’est pas progressive, elle est violente !

Mon travail ne vise pas à raconter, à documenter, la vie de ces personnes “SDF” qui hélas ne représentent qu’une infime partie de la précarité contemporaine. Avec le temps, il s’inscrit davantage dans une observation de la société qui m’entoure et de son évolution à travers cette notion de frontière urbaine et sociale.

Cette année ma fille aura dix ans et je ne peux que la remercier de m’avoir donné le courage de regarder le monde en face. “

J-M S.

Né en 1964 en banlieue parisienne, de double culture franco-portugaise, Jean-Manuel Simoes a commencé sa carrière dans la photographie à l’âge de trente-trois ans. Un intérêt marqué pour l’humain a orienté sa démarche tout d’abord vers le reportage et la presse. Depuis plusieurs années, Jean-Manuel s’investit dans une photographie de proximité, hors de l’actualité et du sensationnel, sur des thématiques de société.

Prix de la Photographie Documentaire, Prix de l’Enquête, Prix Spécial du Jury au Festival du Scoop, nominé au prix du Correspondant de Guerre de Bayeux, au prix Kodak de la Photographie de Paysage, au prix AFP-Bendrihem de la Photographie Politique ; expositions au Chelsea Center for the Arts de New-York, à l’Abbaye de Neumünster de Luxembourg, à la galerie Photo4 et la galerie Lucie Weill à Paris ; projections au Festival Visa pour l’Image de Perpignan, Images Singulières de Sète, Festival International de l’Image Environnementale pendant les Rencontres d’Arles. Il a publié Springstine sur Seine et La ville à trois vitesses (avec Jacques Donzelot aux Éditions de la Villette).


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