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Du 28 mars au 13 juin 2015

Israel Ariño - "Le temps éparpillé", 1995/2015

“Qui n’a rêvé d’avoir deux existences simultanées, l’une de perpétuelle pérégrination, chasse cosmopolite à la chair, aux images, aux paysages ; l’autre coite, casanière, tapie à l’intérieur d’une forteresse de livres, consacrée à la fermentation de la substance cérébrales et à la récolte de ces précieux distillats”.
Michel Tournier, Voyages et paysages

(salles 1 et2)

© Israel Ariño “Espacio imaginario”

“Le titre de l’exposition évoque à la fois son caractère rétrospectif - 10 ensembles produits entre 1995 et 2015 y sont présentés – et une certaine constance dans la dynamique de ma démarche. Disséminés en plusieurs endroits relativement éloignés, ces moments participent d’une même idée : bouleverser les données du réel.

Toutes ces photographies, aux techniques et styles divers constituent une somme autobiographique pétrie d’obsessions, d’apparitions et de découvertes, qui interrogent les mystères de la vie quotidienne.

Pour explorer le domaine de l’énigmatique, j’ai choisi régulièrement des thèmes autour de la disparition, de la mort, du hasard, du voyage, du rêve, du monde des esprits et du cosmos. Je suis fasciné par ces territoires intermédiaires qui échappent à la raison : la vérité et la fiction, le visible et le non visible, l’animé et l’inanimé, le vivant et l’inerte, le nomade et le sédentaire.
Mon ambition a toujours été de subvertir par l’image, pour faire voir la réalité comme si nous la découvrions pour la première fois. “Le réel rendu fantastique par la vision” disait Brassai.

Depuis mes débuts, je m’interroge pour savoir ce qui a déclenché ma démarche. Le surréalisme a eu une grande influence sur moi, faisant porter mon regard sur cette longue tradition d’art anticonformiste, subjectif, contradictoire et énigmatique. Il m’a aidé à mieux comprendre mon cheminement : mettre en relief les dessous insolites de la vie ordinaire, déterminer les coïncidences entre la forme extérieure du monde et sa propre subjectivité et proposer un univers lourd de mystères et plein de significations ouvertes.

Après 20 ans de recherches, j’aimerais penser que mon travail s’ancre dans une tradition qui incite à ne pas photographier une chose pour ce qu’elle est évidemment, mais pour ce qu’elle est d’autre. “

Israel Ariño, janvier 2015

© Israel Ariño « Atlas »

Originaire de Catalogne (1974), Israel Ariňo partage sa vie entre l’Espagne où il intervient à la faculté de Barcelone et la France où ses nombreuses résidences artistiques ont donné lieu à des créations où la poésie se mêle aux techniques photographiques les plus sophistiquées. (chambre photographique, calotype, collodion...)
Après des études en photographie à l’Institut d’Estudis Fotogràfics de Catalunya (IEFC), il se forme en gravure et sculpture à la Faculté des Beaux Arts de Barcelone. Il complète sa formation en photographie par la rencontre de différents photographes, Manel Esclusa, Llorenç Raich, Bernard Plossu, Pablo Ortiz Monasterio...

Depuis 2005, il enseigne la photographie à la Faculté des Beaux Arts de Barcelone et publie des livres d’artistes : Chambre avec vue (2006), Otras canciones a Guiomar (2008), Anatomía de una desaparición (2009). Ces éditions lui permettent d’explorer et de développer avec la photographie ses propres idées narratives. En 2012, son livre Atlas publié aux Editions Anómalas est sélectionné pour l’exposition "Books that are photos, photos that are books " au Museo de Arte Reina Sofía de Madrid au milieu des livres de photographie les plus prestigieux.

© Israel Ariño "Terra incognita - Résidence L’Aparté Iffendic"

« Israel Ariño voit en noir et blanc. Son travail évoque une vision qui lui est chère : la disparition et les traces fugaces qui en résultent, inaccessibles à notre rationalité.
Les outils avec lesquels il fait corps, moyen format et chambres photographiques, induisent sa pratique d’une photographie lente, grâce à laquelle il voit et entrouvre les lisières du monde.
Ses images bâtissent un décor métaphorique aussi bien originel que contemporain : des visages, des paysages, animaux, nuages. Ces objets divers apportent les pièces manquantes au puzzle mystique qu’il poursuit et qu’il construit au fil de ses déambulations intuitives. Il faut qu’il soit subjugué par son sujet pour extraire de notre environnement quotidien cette pietà, ces silhouettes aquatiques, ces gamins qui regardent demain et défieraient quiconque de les en empêcher, ces chemins qui disparaissent. L’inextricable côtoie le dérisoire et pourtant tout fait sens ; un sens qui dépasse l’âge des hommes et qui pourtant nous rappelle à notre propre humanité, à la place que l’on prend et à celle que nous laissons. » Philippe Pavageau.

Rencontre avec l’artiste : le samedi 28 mars à 18h

Du mardi au samedi, de 15h à 18h30. Le jeudi de 10h30 à 12h30 et de 15h à 18h30. Sauf jours fériés.

Entrée libre

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